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Armoiries de l'Autriche Billets de banque d'Autriche

L'Autriche possède l'une des histoires fiduciaires les plus riches d'Europe, héritière de l'immense Empire austro-hongrois. Des premiers « Bancozettel » du XVIIIe siècle à la couronne impériale, puis du schilling — surnommé l'« Alpendollar » pour sa légendaire stabilité — jusqu'à l'euro, chaque époque a laissé des séries de billets d'une grande qualité graphique. Les émissions autrichiennes ont constamment mis à l'honneur compositeurs, scientifiques et artistes de renommée mondiale, reflétant un patrimoine culturel exceptionnel.

Chronologie des billets de banque autrichiens
1762
Les premiers « Bancozettel » : pionniers du papier-monnaie
La Banque d'Autriche émet les premiers billets officiels, les « Bancozettel », inaugurant une longue tradition fiduciaire. Au fil du XVIIIe et du XIXe siècle, différentes monnaies papier se succèdent — dont le florin (gulden) — portant des motifs impériaux caractéristiques de la grandeur habsbourgeoise.
1892–1918
La couronne austro-hongroise : l'empire en billets
À partir de 1892, l'Autriche-Hongrie adopte la couronne (Krone/Korona), monnaie commune à toute la double monarchie. Les billets, imprimés en grandes coupures aux motifs impériaux et aux inscriptions multilingues, témoignent de la diversité de l'empire. La Première Guerre mondiale provoque une dépréciation catastrophique : la couronne ne vaut plus qu'un quinze millième de sa valeur d'avant-guerre en 1922.
1918–1924
République et hyperinflation : la couronne en agonie
Après la chute de la monarchie, la nouvelle République d'Autriche hérite de la couronne autrichienne dans un contexte d'hyperinflation sévère. Des billets provisoires et des coupures aux valeurs faciales croissantes sont émis. La fondation de l'Oesterreichische Nationalbank (OeNB) en janvier 1923, grâce à un prêt de la Société des Nations, amorce la stabilisation.
1925–1938
Le schilling, « Alpendollar » : stabilité retrouvée
La loi du 20 décembre 1924 institue le schilling, au taux de 10 000 couronnes pour 1 schilling. Le premier billet de 100 schillings est émis en 1925. Grâce à une politique monétaire rigoureuse, le schilling devient l'une des monnaies européennes les plus stables durant la Grande Dépression, au point d'être surnommé « Alpendollar ». Les billets arborent des personnalités autrichiennes, allégories et monuments emblématiques.
1938–1945
Anschluss : le reichsmark imposé
Le 12 mars 1938, l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie met fin au schilling. Le reichsmark devient monnaie officielle au taux de 1,5 schilling pour 1 reichsmark. L'Oesterreichische Nationalbank perd le droit d'émettre des billets ; ses réserves d'or sont confisquées. Cette parenthèse laisse peu d'émissions spécifiquement autrichiennes, hormis des billets du ghetto de Theresienstadt, aujourd'hui très recherchés.
1945–1952
Libération et renaissance du schilling
Dès fin 1945, la loi Schillingsvertrag impose l'échange des reichsmarks et des schillings des forces alliées contre de nouveaux schillings autrichiens. La monnaie nationale est rétablie, mais l'occupation quadripartite (USA, URSS, Royaume-Uni, France) complexifie la gestion fiduciaire. Des billets de transition, parfois surimprimés, circulent jusqu'à la normalisation.
1953–1980
Reconstruction et modernisation des séries
Le Traité d'État de 1955 restaure la pleine souveraineté autrichienne et ancre le schilling dans la stabilité. L'OeNB modernise progressivement ses émissions : portraits de grands Autrichiens (scientifiques, artistes, compositeurs), paysages alpins, sécurité renforcée. Le taux de 26 schillings pour 1 dollar USD (1953) symbolise la confiance retrouvée dans la monnaie nationale.
1980–2001
Dernières séries schilling : qualité graphique au sommet
Les séries des années 1980–2000 représentent l'apogée graphique des billets autrichiens : Mozart, Freud, Klimt, Schubert, Schnitzler figurent sur des coupures très soignées (20 à 5 000 schillings), avec des dispositifs anti-contrefaçon de pointe. Arrimé au Deutsche Mark à partir de 1976, le schilling affiche une stabilité exemplaire jusqu'à l'adoption de l'euro.
2002
Passage à l'euro : fin du schilling
Le 1er janvier 2002, l'euro remplace le schilling au taux de 13,7603 schillings pour 1 euro. L'Autriche intègre la zone euro et ses billets communs (séries 2002 puis « Europe » à partir de 2013), tout en contribuant à l'impression d'euros via l'OeNB. Particularité notable : les billets en schillings restent échangeables contre des euros sans limite de temps.
Depuis 2002
L'ère euro et l'attrait croissant des schillings en collection
Depuis l'abandon du schilling, les dernières séries autrichiennes — notamment les coupures aux portraits de Mozart, Freud ou Klimt — suscitent un intérêt croissant chez les collectionneurs. Les billets en état UNC sont particulièrement prisés, et certains exemplaires des années 1940–1950 (occupation, transition) constituent des pièces rares et historiquement significatives.
Le saviez-vous ? Les billets en schillings autrichiens peuvent encore être échangés contre des euros auprès de l'Oesterreichische Nationalbank, sans aucune date limite. Cette disposition unique en Europe fait de l'Autriche un cas à part : des milliers de schillings dorment toujours dans des tiroirs de collectionneurs ou d'anciens voyageurs, représentant plusieurs millions d'euros non réclamés.
Mis à jour le 24/03/2026
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