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Le peso uruguayen (UYU), monnaie nationale depuis 1993, s'inscrit dans une histoire monétaire mouvementée, marquée par des crises économiques sévères, plusieurs changements de dénomination et une remarquable résilience institutionnelle. Les billets uruguayens célèbrent l'identité nationale à travers des figures politiques, militaires et culturelles, ainsi que les paysages et la faune du pays. Le Banco Central del Uruguay (BCU), fondé en 1967, assure depuis lors la stabilité et le renouvellement des émissions fiduciaires.
Chronologie des billets de banque uruguayens
1862–1896
Les premières émissions : peso et banco particular
Les premières émissions de billets en Uruguay émanent de banques privées et du Banco de la República Oriental del Uruguay (BROU), fondé en 1896. Le peso est la monnaie de référence dès l'indépendance, mais la circulation fiduciaire reste fragmentée entre établissements privés concurrents jusqu'à la centralisation progressive de l'émission.
1896–1939
Monopole d'émission du BROU
Le BROU obtient le monopole de l'émission des billets. Les premières séries officielles unifiées voient le jour, arborant des portraits de héros nationaux (José Artigas, Fructuoso Rivera) et des allégories républicaines. L'impression est souvent confiée à des imprimeurs étrangers de renom (American Bank Note Company, De La Rue).
1939–1967
Inflation et multiplication des coupures
Les tensions économiques de l'après-guerre et les années 1950–1960 génèrent une inflation croissante. Les valeurs faciales augmentent fortement, contraignant les autorités à émettre des coupures de plus en plus élevées. Le design des billets évolue vers une plus grande complexité graphique, intégrant des éléments de sécurité et des représentations symboliques de la nation.
1967–1975
Création du Banco Central et nouveaux pesos
La fondation du Banco Central del Uruguay (BCU) en 1967 marque une rupture institutionnelle : l'émission monétaire est désormais confiée à une banque centrale indépendante du BROU. Une nouvelle série de billets en "nouveaux pesos" est introduite pour faire face à l'hyperinflation rampante, remplaçant l'ancienne unité à un taux de 1 000 pour 1.
1975–1993
Nuevo peso, crise des années 1980 et séries ABNC
Le "nuevo peso" est introduit en 1975 (1 NUP = 1 000 pesos). Les billets de cette époque, imprimés notamment par l'American Bank Note Company et la Casa de la Moneda argentina, affichent des portraits de héros nationaux et des vues du Palacio Legislativo. La grave crise économique de 1982 et les années de dictature (1973–1985) fragilisent le système monétaire, conduisant à une inflation galopante et à l'émission de coupures record.
1993–2000
Retour au peso uruguayen (UYU)
En 1993, une nouvelle réforme monétaire substitue le peso uruguayen (UYU) au nuevo peso, à raison de 1 000 NUP pour 1 UYU. Les nouvelles séries de billets adoptent un style plus moderne, avec portraits de personnalités culturelles et scientifiques (José Pedro Varela, José Enrique Rodó, Juan Zorrilla de San Martín), paysages côtiers et références à la faune locale. La sécurité est renforcée : filigranes, fils de sécurité, encres optiquement variables.
2000–2010
Crise de 2002 et consolidation monétaire
La sévère crise bancaire et économique de 2002, l'une des plus graves de l'histoire uruguayenne, met à rude épreuve le système fiduciaire. Le pays maintient toutefois sa monnaie et son cadre institutionnel. De nouvelles coupures sont émises pour faire face aux besoins de circulation, et les mesures de sécurité sont progressivement renforcées sur toutes les valeurs faciales.
2010–2020
Séries modernes : Familia 2010 et Familia 2015
Le BCU lance des séries refontes intégrant les standards anti-contrefaçon les plus récents : éléments holographiques, encres à changement de couleur (OVI), micro-impressions, papier coton à sécurité renforcée. Les visuels s'articulent autour de grands noms de la culture uruguayenne — Eduardo Fabini, Juana de Ibarbourou, Pedro Figari — et de symboles naturels (le cerf des pampas, le loup à crinière). Des coupures de 50, 100, 200, 500 et 1 000 pesos couvrent l'essentiel de la circulation.
Depuis 2020
Billets actuels : sécurité maximale et identité culturelle
Les émissions récentes du BCU s'inscrivent dans la continuité des séries modernisées, avec des ajustements de sécurité et quelques nouvelles coupures pour répondre à l'inflation. L'Uruguay présente aujourd'hui l'un des systèmes fiduciaires les plus stables d'Amérique du Sud, avec des billets bien conservés (UNC) en série complète qui suscitent un intérêt croissant auprès des collectionneurs internationaux.
Le saviez-vous ? L'Uruguay est le seul pays d'Amérique latine à avoir honoré sur ses billets une femme poète : Juana de Ibarbourou (1892–1979), surnommée « Juana de América », figure sur la coupure de 100 pesos de la série moderne — une reconnaissance rare de la littérature féminine dans l'iconographie fiduciaire de la région.
Mis à jour le 23/03/2026
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